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29 juin 2017

Des asticots pour traiter et valoriser les déchets alimentaires chinois

La Chine cherche à recycler et à valoriser ses importants volumes de déchets alimentaires. Des larves voraces semblent pouvoir répondre à ce défi. Les premiers élevages se développent.

Food waste in China

CHINE-NOUVELLE/SIPA 

Le gaspillage de nourriture est particulièrement préoccupant en Chine avec, chaque année, en moyenne 40 millions de tonnes de déchets alimentaires produites (source AFP). Un chiffre en augmentation selon des statistiques officielles.
 
Pour recycler et valoriser ces déchets organiques, l’une des solutions pourrait être l’élevage de larves de la mouche soldat noire, Hermetia illucens. Depuis trois ans, des fermes productrices de ces larves s’implantent progressivement.  « Un kilo d’entre elles est capable de manger deux kilos de déchets en quatre heures », explique à l’AFP Hu Rong, gérante de l’une de ces fermes située près de la ville de Pengshan, dans le Sichuan.
 
Gavées de protéines et de graisses issues de la dégradation des déchets, les larves sont alors vendues, vivantes ou séchées, comme compléments alimentaires pour les animaux d’élevage destinés à la consommation humaine, ce qu’autorise la législation chinoise. Leurs déjections sont par ailleurs recyclées comme engrais « bio » dans l’agriculture.
 
Une filière est en train de s’organiser. Par exemple, l’entreprise Chengwei Environnement récupère les restes alimentaires de 2 000 restaurants de la métropole de Chengdu, pour les vendre ensuite à ces élevages de larves. Un modèle économique intéressant qui génère « entre 2 200 à 3 400 euros de revenus nets mensuels », déclare Mm Hu.
 
La valorisation des déchets alimentaires semble bien un marché d’avenir en Chine. Au-delà des déchets alimentaires, les huiles de cuisson pourraient elles aussi être bientôt recyclées. Le géant pétrochimique Sinopec vient d’annoncer la construction d’ici à 2018 à Ningho (province du Zheijang, à l’est de la Chine), d’une usine de transformation de ces huiles usagées en « biocarburant » destinée aux avions de ligne, une alternative écologique au kérosène.