Extramuros, l’art et la matière

Extramuros, l’art et la matière

Entreprise d’insertion pionnière de l’upcycling* en France, Extramuros crée du mobilier haut de gamme à partir de bois récupéré et revalorisé : bois de chantier, vieux parquets, palettes, mobilier de bureau… Installée dans le centre de tri de Veolia à Gennevilliers et soutenue par la Fondation, elle porte aussi un programme de développement d’une filière nationale — voire européenne — de récupération et de valorisation de mobiliers de bureau.

Les premières lignes de mobilier Chants Libres

Dans le cadre du programme Chants Libres, et sur la base du catalogue de matières référencées en cours d’élaboration, une large gamme de mobilier et d’accessoires éco-conçus sera dessinée. Un jury de partenaires d’Extramuros sélectionnera les premières lignes à entrer en production. Une production testée grandeur nature grâce à la réalisation de prototypes et de petites séries. In fine, l’équipe pourra s’engager dans une phase de plaidoyer autour des créations : conception d’un e-book mettant en valeur les produits et la philosophie ayant présidé à leur fabrication, promotion du programme et de l’engagement des partenaires par le biais d’expositions, médiatisation de la démarche auprès d’un public varié d’acteurs institutionnels… L’intégralité du process, de la conception à la fabrication, sera mis à disposition en open source auprès d’un réseau d’acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire.

Depuis sa création en 2007 par deux designeuses, l’équipe d’Extramuros a développé une expertise forte dans la menuiserie avec la fabrication de mobilier de bureau haut de gamme et accessoires durables et utiles : tables de réunion, bureaux, banques d’accueil, espaces détente ou informels… Ses clients ? Des entreprises soucieuses de la responsabilité de leurs achats, comme La Poste, VINCI Construction, SNCF, ADP, Kinnarps et…Veolia, avec qui Extramuros entretient une relation privilégiée.

« Grâce au soutien de la fondation Veolia, nous sommes hébergés dans le centre de tri de Gennevilliers, confie Julien Richardson, directeur d’Extramuros. L’endroit est stratégique, nous nous situons au bout d’un flux entrant de matériaux qui constitue l’essentiel de notre approvisionnement », poursuit-il.

Redonner au déchet ses lettres de noblesse

« Chez Extramuros, nous sommes passionnés par les matières qui ont servi et vécu, et nous savons le potentiel qu’elles recèlent » déclare Julien Richardson.

Une démarche qui s’appuie sur un marché en plein boom, porté par une législation française** qui impose à plus de 500 000 TPE, PME, collectivités, hôpitaux, restaurants… de recycler tous les déchets générés par leurs activités, y compris les rebuts d’ameublement. Autant de déchets qui représentent chaque année en France plus de 2 millions de tonnes de produits, dont 250 000 issues des entreprises. Leur valorisation représente sans conteste une formidable opportunité pour Extramuros. À ce jour, Extramuros a déjà vendu plus de 500 meubles et quelque 50 000 objets.

Sortir du parcours d’insertion par le haut

En complément d'une démarche écologique exemplaire (upcycling, économie circulaire, éco-conception), Extramuros met la production de son mobilier au service d'un projet d'insertion en recrutant des personnes éloignées de l'emploi, encadrées par des professionnels. Une dizaine de personnes fait tourner l’atelier de Gennevilliers, où voient le jour objets et mobiliers fabriqués sur mesure, en pièce unique ou en petite série : les designeuses élaborent les produits, les responsables techniques créent des prototypes et quatre salariés en insertion récupèrent les matériaux, les nettoient, les préparent, les prédécoupent, les assemblent…

« Nos salariés en insertion bénéficient d’un cadre de travail pour les réhabituer au rythme professionnel. Nous leur servons de passerelle pour mieux s’armer et trouver un emploi par la suite », argue Julien Richardson.


Extramuros

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Chants libres, filière pilote

Extramuros est à l’origine du programme Chants Libres de création d’une filière pilote de récupération et de valorisation à l’échelle nationale, voire européenne. À ses côtés, la fondation Veolia accompagnée de Kinnarps, leader européen du mobilier de bureau et Valdelia, eco-organisme du secteur. « Ce dispositif ambitieux comprend une étude des voies d’approvisionnement pour récupérer les matières nécessaires à la fabrication de mobilier éco-conçu et commencer à nourrir un catalogue de matières référencées. En parallèle, six actions complémentaires mobilisent nos partenaires jusqu’en 2019. Le déploiement de Chants libres sur dix sites en cinq ans devrait permettre la création de 85 emplois, dont 75 % en insertion », indique Julien Richardson qui a déjà reçu des marques d’intérêt de la part de métropoles comme Nantes, Montpellier et Bruxelles.

*L’upcycling (ou surcyclage) est l’action de recycler « par le haut ». Autrement dit, d’apporter une valeur ajoutée à des matériaux et à des déchets dont on n’a plus l’usage pour les transformer en produits de qualité ou d’utilité supérieure (contrairement au réemploi qui, par nature, replace l’objet et la matière dans le circuit sans en changer la destination).
** la loi de Transition énergétique du 17 août 2015 fixe des objectifs ambitieux en matière de valorisation des déchets. Un premier décret d’application, dit "5 flux", relatif aux mesures sur la gestion des déchets et la promotion de l'économie circulaire impose aux acteurs économiques, à partir du 1er juillet 2016, d’organiser la collecte séparée des déchets papier, métal, plastique, verre et bois produits, si leur volume est supérieur à 1.100 litres / semaine.

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