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26 novembre 2019

Villes à vivre : les perspectives ouvertes par les banques mondiales de développement

Les quatre grandes banques de développement (1) analysent les perspectives d’avenir de l’urbanisation du monde. Face à cette tendance lourde, le rapport qu’elles co-publient (2) pointe les faiblesses spécifiques à chaque région du monde. Et propose des programmes de soutien spécifiques en guise de solutions.

Le monde s’urbanise3. Aucune région du monde n’échappe à cette tendance. Un processus loin d’être homogène cependant, qui engendre des inégalités de développement social, économique et environnemental. Ces quatre banques de développement s’en préoccupent et pointent les faiblesses des économies émergentes et matures face à l’urbanisation rapide de leurs villes.
 
Le rapport établit des constats et propose en réponse des programmes de développement urbains et des fonds de soutien en Afrique, en Asie et Asie-Pacifique, dans les pays d’Europe centrale et de Méditerranée orientale, en Amérique latine et dans les Caraïbes. 
 
En Afrique, les villes souffrent d’instabilité macroéconomique4, d’un manque de financements dans la lutte climatique et disposent de trop peu d’infrastructures urbaines. L’exportation quasi systématique des ressources naturelles vers d’autres régions du monde grève leur dynamisme. Les solutions — électrification et industrialisation surtout — sont esquissées à travers le 5e programme stratégique établi par la Banque africaine de développement et financièrement 5
 
Dans la zone Asie-Pacifique, la multiplication des mégapoles (17 des 33 plus grandes villes du monde s’y trouvent) engendre de puissants défis : la congestion urbaine, la dégradation de la qualité de l’air et des eaux, la vulnérabilité face au dérèglement climatique, pour ne citer que les principaux. Aussi la Banque asiatique de développement recommande-t-elle, à travers son 5e plan pour des villes vivables6, d’évoluer vers une économie bas carbone et une société inclusive favorisant les échanges et le partage de connaissances entre cités asiatiques.
 
En Europe et en Méditerranée orientale, l’urbanisation entraîne de profondes disparités entre les villes d’un même pays, créant de grands déséquilibres territoriaux. Certaines, de taille moyenne, voient ainsi leur population diminuer, ce qui nuit à leur dynamisme et à la  qualité des services publics. La Banque européenne a lancé plusieurs programmes de développement, de la mise en œuvre des cités vertes à la promotion de la ville intelligente7. Un fonds de soutien8 encourage les investissements afin de réhabiliter les centres villes paupérisés : modernisation des transports, réaménagement d’anciens sites industriels, politique cohérente d’investissements urbains…
 
Enfin, la violence urbaine reste le principal fléau à combattre dans les villes d’Amérique latine et aux Caraïbes, selon le rapport. Cela s’explique en partie par le manque d’accès aux services pour les populations les plus défavorisées fraîchement débarquées du monde rural, aggravant par là-même la ségrégation. Le programme cadre de développement urbain imaginé par la Banque interaméricaine de développement7 promeut ainsi les projets d’intégration villes-campagnes de façon à mieux maîtriser les flux migratoires. Il encourage fortement la mise en place de partenariats public-privé pour construire les infrastructures urbaines nécessaires au développement harmonieux des villes.
 
 
1 La Banque africaine de développement (African Development Bank, AfDB) ; la Banque asiatique de développement (Asian Development Bank, ADB) ; la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) et la Banque interaméricaine de développement (Inter-American Development Bank, IDB)

2 « Creating livable cities,  regional perspectives », © 2019 African Development Bank, Asian Development Bank, European Bank for Reconstruction and Development, Inter-American Development Bank (jointly referred to as “Copublishers”). En accès libre.

3 De 751 millions d’urbains dans le monde en 1950 (30 % de la population mondiale), ils étaient 4,2 milliards en 2018 (55 % de la population mondiale). Ils seront 5,2 milliards en 2030 (60 % de la population mondiale),et 6,7 milliards dès 2050 (68 % de la population mondiale, d’après les estimations de ces quatre banques de développement).
 
4 La macroéconomie est une science qui s'intéresse aux faits économiques globaux et aux relations entre revenus, inflations, consommation ou encore investissements.
 
5 Programme lancé en avril 2019 pour encourager les municipalités à améliorer leur résilience et assurer un avenir durable. Source : African Development Bank launches Pan-African Urban and Municipal Development Fund
 
6 ADB’s 5Es of Livable Cities, programme lancé en 2016
 
7 Le rapport Creating Livable cities, en page 13, précise pour cette zone : 220 villes européennes ont déjà bénéficié d’aides financières pour développer des infrastructures, à hauteur de 8,8 Md$, cumulés depuis 25 ans ; 31 villes bénéficient des plans d’action du programme européen « villes vertes » ; Déploiement des technologies numériques, de type Internet des Objets et Intelligence artificielle ; Fonds de soutien pour redynamiser les villes (The City Regeneration and Environment - CREATE).
 
8 Urban Development & Housing sector, source : https://www.iadb.org/en/sector/urban-development-and-housing/sector-framework

© VOETEN - SIPA