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23 janvier 2019

Valoriser les déchets, une urgence africaine

Les déchets s’accumulent dans les décharges à ciel ouvert en Afrique subsaharienne, faute de traitement adapté. S’ils représentent des risques sanitaire et climatique évidents, leur valorisation pourrait créer de véritables opportunités économiques.

Selon Waste Atlas, 20 des 50 plus grandes décharges à ciel ouvert dans le monde se trouvent sur le continent africain. Et le volume de déchets en Afrique subsaharienne continue de croître : selon la Banque mondiale, il triplera d’ici 2050, et représentera 35 % des déchets solides produits dans le monde. Cependant, « la plupart des États africains ne disposent que de très peu d’infrastructures capables de traiter ces déchets, qui s’accumulent », note Maria Leonor Sales, consultante à la Banque africaine de développement. *
 
Si ces décharges présentent des risques sanitaires évidents, leurs conséquences climatiques sont également réelles : l’incinération à ciel ouvert de ces déchets est responsable de 0,5 % des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire. 
 
Face à ces chiffres alarmants, des solutions existent qui permettraient en sus de transformer ces déchets en nouvelles ressources. Comme le précise le professeur Linda Godfrey, experte en gestion des déchets auprès du Conseil scientifique et de la recherche industrielle d’Afrique du Sud, « l’Afrique a la capacité de réinjecter 8 milliards de dollars dans l’économie, pour peu que l’on pense le déchet autrement. »
 
L’Union africaine abonde dans ce sens, en précisant  que les pays du continent devraient atteindre un taux d’au moins 50 % de matière récupérée, recyclée ou réutilisée dès 2030, alors que seulement 4 % de déchets sont recyclés à ce jour.
 
« Nous avons besoin d’une volonté forte de la part des responsables politiques, sans quoi le secteur privé hésitera à se mobiliser dans cette activité, » regrette Linda Godfrey.
 
 
* source Wahsington Post, « Africa’s solid waste is growing, posing a climate threat », © Tom Odula, AP. 8 décembre 2018.

 

© Javier Carbajar - SIPA